Rickshaw devant !

Aussi appelé autorickshaw ou tuk-tuk (ce dernier étant à bannir de votre langage, vous êtes automatiquement repéré comme un touriste !), le rickshaw est le moyen de transport incontournable pour se déplacer en Inde.

Seulement voila, on n’a pas ça chez nous pauvres français. J’ai donc dressé pour vous:

LES DIX COMMANDEMENTS DU RICKSHAW INDIEN

Qui sait, ça pourra peut être vous être utile quand vous viendrez dans le coin !

1. A négocier, tu apprendras

Oui parce qu’ici, ils pensent généralement que puisque t’es blanc: soit t’es riche et t’as les moyens de débourser sans réfléchir (si c’était le cas, on ne s’embêterait pas et on prendrait un chauffeur), soit t’es un touriste et tu n’as aucune idée des prix donc tu es une proie facile.
Alors oui nous sommes blancs, mais non nous ne sommes pas riches (du moins pas autant qu’ils le pensent), et non nous ne sommes pas des touristes, on ne nous aura pas plus comme ça !
Dans chaque rickshaw il y a un petit compteur (le « meter » sur lequel on voit défiler les kilomètres et le montant à payer à l’arrivée. Seulement voila, le chauffeur doit activer ce compteur à chaque début de course … en principe…
Environ 2 fois sur 3, le chauffeur ne voudra pas mettre le meter et proposera un prix pour la course (évidemment plus élevé que ce qu’activer le compteur coûterait réellement). Et la, on peut passer d’une course qui coûte normalement 25 roupies à un trajet à 100 roupies ! (Bah oui, t’as une tête de pigeon aussi…). Bon, après quelques jours, tu commences à connaître les prix, et tu ne te fais plus avoir: soit tu réussis à négocier, soit tu montes dans le prochain. Avec un peu de chance tu tomberas sur un gentil rickshaw, qui sans poser de question lancera le compteur (et la franchement, c’est magique !), bon il n’y a plus qu’à espérer qu’il ne l’ait pas trafiqué (si si, ça arrive il parait: c’est vrai que l’autre jour, les chiffres défilaient plutôt vite…).
Bon, puis il faut relativiser, quand le chauffeur te propose un prix qui te parait raisonnable, c’est pas la peine d’insister de longues minutes pour mettre le meter: la négociation sert généralement à gagner des dizaines de centimes d’euros. Mais bon, question de principe !

2. « Boss » ton chauffeur, tu appelleras 

« Next left boss… », « Stop here boss »… Ca m’a surpris quand j’ai entendu Tim parler comme ça au chauffeur la première fois. C’est en fait une façon familière de s’adresser à quelqu’un d’un « niveau inférieur » dans la société dont on ne connaît pas le nom. Alors en avant boss !

3. Peur, point tu n’auras 

Alors oui, tu te dis que ça ne passera pas entre ce bus et cette voiture, mais si si ça passe ! Oui, on pourrait presque appeler ça des nids de cigognes plutôt que des nids de poule (vu la taille des trous !), mais t’inquiètes, ils contournent ! Oui ce ne sont plus des dos d’ânes mais plutôt des bosses de dromadaire, alors accroche toi bien à ta banquette !
Au début c’est assez stressant, mais on comprend vite qu’ils maîtrisent plutôt bien leurs véhicules: en bref, c’est lui le boss, il gère, ait confiance (ou met un casque…).

4. Ton chemin, tu connaitras

La ville est grande, les rickshaws sont bien des taxis mais pas des maps vivantes, et inutile de préciser que le GPS ne fait pas partie de leurs options: mieux vaut alors connaître ton itinéraire (et la on dit merci les smartphones et merci googlemap !).

Accessoirement, ça évite de se faire arnaquer: certains chauffeurs peu scrupuleux n’hésitent pas à faire des tours et des détours pour allonger la note.

5. Dépasser, rien tu ne laisseras…

… au risque autrement de perdre un membre ! Bin oui, des fois, ça passe tout juste. Alors évite de faire ton curieux et reste bien à l’intérieur de l’habitacle si tu ne veux pas perdre la tête, te heurter aux fesses d’une vache ou d’un motard… enfin à un motard tout court…

6. Jusqu’à 4, monter tu pourras 

Ok, normalement, la banquette arrière du rickshaw peut accueillir presque confortablement 3 personnes. Mais avec un peu de souplesse et de volonté, à 4 ça passe ! Moyennant généralement un petit supplément pour le boss évidemment.

7. L’appoint, tu prépareras

Tout simplement parce que les chauffeurs ne se promènent pas forcément avec une caisse de monnaie sur eux (du moins c’est ce qu’ils veulent nous faire croire « No money, sorry »). Mieux vaut avoir le compte juste ou éviter les trop gros billets. Après, on n’est pas non plus à 5 roupies près…

8. Aux klaxons, tu t’habitueras

Effectivement, en Inde, ils n’ont pas la même philosophie du klaxon que chez nous.
En France quand on klaxonne c’est soit « Attention c’est dangereux ce que vous faites ! » ou bien « Auriez-vous l’amabilité de redémarrer, le feu est vert cher ami… » (oui, je suis sûr que vous êtes aussi poli au volant de votre petite auto).

Ici c’est plutôt « Attention je suis la », « Attention je vais doubler », « Bouge de là je veux passer ». NON-STOP. Ce n’est pas du tout un geste agressif, c’est tout à fait normal, et ça remplace parfois les clignotants, par exemple: « ‘tention tout le monde, je tourne ».

Pour la petite histoire: « Un indien klaxonnerait autant en une journée qu’un Allemand en un an. C’est tellement vrai que les constructeurs automobiles indiens doivent équiper leurs véhicules de klaxons ultra-puissants et résistants… » (si si, c’est Le Routard qui me l’a dit).

9. La pollution, tu respireras

Avec une population de plus de 10 millions d’habitants et un climat très chaud, Bangalore est loin d’être épargnée par la pollution. Alors aux heures de pointes (bien qu’il y ait un gros trafic toute la journée), généralement en milieu et fin d’après-midi, mes petits poumons de fille de la campagne y sont plutôt sensibles.
L’astuce c’est de se couvrir la bouche et le nez avec un foulard: on croise d’ailleurs quelques motards qui ont opté pour ce système, nous pas encore…

10. Les cheveux au vent, le voyage tu apprécieras

Parce qu’au final, une fois bien installé, c’est agréable ce moyen de transport. Surtout quand il fait caliente dehors, mieux que la climatisation, le vent dans les cheveux, on peut apprécier les décors de la ville.

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Sur ce, bonne route à vous !

One Comment

  1. <b class="fn">Jeanne</b>

    Pas mal, il y a quelques points communs avec les « xe om » (moto-taxi) d’ici! Le marchandage, la pollution, les cheveux dans le vent… J’ai adopté ce moyen de transport !
    Restez bien à l’intérieur alors, et pas touche aux vaches surtout !!

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