Ouarzazate : aux portes du désert

« Soyer le Binveunue »

« Soyez le bienvenue » sonne un peu comme un refrain au Maroc. Où que l’on aille, nous sommes toujours le bienvenu. Cette fois-ci, et pour conclure notre séjour marocain d’un an et demi (et oui, déjà !), ce sera dans la région de Ouarzazate.
Ouarzazate, alias les portes du désert, signifie littéralement « sans bruit ». Voila qui vous donne déjà un bel aperçu de ce qui nous attend.

Ouarzazate, je (Sophie) l’ai découverte dans le cadre du travail en octobre 2016 lors du Morocco Solar Festival. Déjà son calme et sa beauté m’avaient saisie. Nul doute qu’il fallait que j’y revienne avec mon cher et tendre pour que l’on découvre ensemble les environs. Nos contrats respectifs terminés fin février, il était temps de pousser un peu plus loin l’aventure. Installés dans notre petit avion, nous sommes partis pour un court séjour de 5 jours aux portes du désert.

Ouarzazate, c’est beau, calme et plein de charme. Loin de la foule et de l’agitation Casaouie, loin des vagues touristiques Marrakchies, on sent bien venu le temps des vacances. De la fameuse Kasbah Taourirt à la Place Al-Mouahidine, il fait bon se balader en appréciant le silence (et oui car ici, ciao les klaxons ! Enfin presque…).
La journée, tout est calme et tranquille. C’est à partir de 17-18h, à la fraîche, que la ville s’éveille. Les terrasses se remplissent, le temps d’apprécier un savoureux thé à la menthe, les grandes places s’animent au gré des enfants au volant de leurs petites voitures et autres mobylettes électriques. Alors nous aussi on se pose en terrasse et on prend le temps d’apprécier l’instant.

Dans la région, pas de quoi s’ennuyer : il y a mille et une choses à voir.

Ouarzazate est très connue dans le monde du cinéma, c’est un peu le Hollywood marocain si vous voulez. Plusieurs studios y sont installés et la région sert régulièrement de décors à de grandes productions internationales. Parmi elles (et dans l’actualité du moment), on pourra citer Le retour de la Momie ; pour les plus anciens Ali Baba et les quarante voleurs et Laurence d’Arabie vous feront écho; mais également Gladiator et le fameux Asterix et Obélix : Mission Cléopatre…
Les amateurs de cinéma seront ravis de pouvoir visiter quelques studios et de se voir ainsi plonger dans ces fameux décors. Ils pourront aussi poursuivre leur visite dans le Musée du Cinéma au coeur de la ville.

Voilà pour la petite parenthèse cinéphile. De notre côté, nous sommes plus nature et grand air que décors en papier mâché, c’est pourquoi nos visites nous ont porté bien ailleurs…

L’Oasis de Fint : un havre de paix

Taxi trouvé, prix fort payé, nous embarquons vers l’Oasis de Fint, à une quinzaine de kilomètres de la ville de Ouarzazate. Fint signifie « caché » en berbère, et c’est bien pour ça que ce n’est qu’au dernier moment que l’on voit apparaitre devant nos yeux ce petit bijou de la nature. La roche noire et ocre entoure cette palmeraie verdoyante, traversée par un oued (comprenez cours d’eau).
Le taxi nous dépose « prenez votre temps, je vous attends ».

 

C’est assez magique, on peut entendre les oiseaux chanter sans aucun bruit pour parasiter l’instant… Exception faite de quelques mobylettes et 4×4, avec à leur bord soit des Berbères habitants l’Oasis, ou quelques touristes qui comme nous viennent découvrir la beauté de la nature marocaine.

« Fint est une oasis reculée. L’origine du nom en berbère serait « n’fint » littéralement « caché ». Un endroit où poussent des palmiers dattiers et quelques arbres fruitiers. L’oued Fint serpente l’oasis. Sur ses rives des jardins et des champs sont cultivés par les habitants. Une population paysanne qui vit principalement d’une culture vivrière. » Plus d’infos concernant l’Oasis et ses habitants sur  ©almaouja.com.

Après quelques heures dans ce petit coin de paradis (qui mériterai bien plus son nom que celui-ci), direction le Lac de Ouarzazate où nous avons réservé une nuit en EcoLodge dans trop savoir ce qui se cachait sous cet intitulé…

Séjour tranquille à l’Ile de Ouarzazate

A 200 mètres du lac El Mansour Eddahbi, « l’Ile » est a été bâtie entre quatre grands murs qui protègent efficacement du vent (ce vent même qui nous aura valu une course folle après nos billets qui s’envolent au moment de payer notre taxi…).
Son créneau : le tourisme durable. Le domaine est totalement autonome en énergie grâce à ses panneaux solaires, et l’équipe cultive ses propres légumes bio afin d’assurer des repas sains et plutôt délicieux.

Le cadre est vraiment idyllique. Vous côtoyer les chats, les paons et les pintades, au milieu du jardin ou sous la tente, toujours avec une vue splendide sur le lac et les montagnes.
Si l’endroit invite clairement à la détente, on aurait souhaité se faire une petite session kayak sur le lac mais ce fichu vent ne nous l’aura pas permis… Nous sommes donc restés à ne rien faire (profiter du lieu et du moment, c’est déjà bien suffisant). 

C’est la construction du barrage El Mansour Eddahbi il y a une quarantaine d’années qui a donné naissance à ce joli lac de 4500ha. L’objectif du barrage était d’améliorer les conditions de vie des habitants dans cette région particulièrement désertique en permettant l’irrigation d’environ 14 milliers d’hectares de cultures et de quelques 800 000 palmiers, créant ainsi une oasis quasi continue jusqu’au désert de Mhamid.
Aujourd’hui, le lac est un vrai petit coin de paradis pour les ornithologues et les pêcheurs : de nombreuses espèces y ont élu domicile.

A 15 min du centre-ville, sans accès immédiat aux transports, nous décidons de prendre nos repas sur place. Le soir venu, c’est autour d’un des meilleurs couscous que j’ai pu déguster de ma vie, que les musiciens berbères s’installent et enchainent chants et musiques traditionnels.
L’animation se poursuivra une bonne partie de la soirée, dehors au coin du feu sous les étoiles.
On vous laisse écouter…

Le lendemain matin le petit déjeuner nous sera servi sur la terrasse. Le ciel est beaucoup plus dégagé que la veille et nous offre alors une jolie surprise : apparaissent au loin les splendides cimes enneigées du Haut-Atlas. Pfiou quelle vue magnifique de si bon matin !
Les cigognes seront très vite de la partie, venant défiler au-dessus de nos têtes.

Aller, on passe au désert

Qui dit Ouarzazate dit désert : impossible de clôturer un séjour touristique dans les environs sans avoir poser un pied dans le désert. Je dirais même plus que cela faisait partie de nos « must do » avant de quitter le Maroc.

Naïvement nous n’avions rien réservé en avance, pensant que sur place tout serait beaucoup plus simple (trouver un transport, un bivouac où passer la nuit, etc.). A vrai dire, beaucoup de nos amis ayant participé à des excursions dans le désert ont eu pour point de départ Marrakech. En partant directement depuis Ouarzazate on pensait s’éviter d’interminables heures de bus agglutinés dans la chaleur et s’accorder au passage quelques économies.
La vérité fut tout autre. Sur place la demande est plutôt faible, il n’y a donc pas de départ en bus vers les déserts, seulement des excursions « privées » en 4×4. Autant vous dire que les prix ne sont absolument pas les mêmes : compter 200€ par tête en partant en 4×4 depuis Ouarzazate contre 80€ en partant en bus depuis Marrakech, pour passer une nuit dans le Grand Désert de Merzouga.

Après avoir fait le tour de quelques agences, on tire un trait sur le Grand Désert. On décide de voler de nos propres ailes (bien qu’on ne soit pas des pigeons !) en louant notre propre véhicule, réservons en deux clics une nuit sur un petit bivouac près des dunes et partons tous les deux en direction du « petit désert » appelé M’hamid El Ghizlane, juste en dessous de Zagora.

Et qu’il est bon d’avoir sa liberté ! Louer une voiture (ou autre moyen de locomotion) et partir en vadrouille, rien de tel pour se sentir LIBRE. Libre d’aller où le vent nous porte, de nous arrêter quand le coeur (et les yeux, voir les papilles) nous en disent.
Comme bien souvent le voyage est tout aussi (parfois plus) beau que la destination. Une variété de décors magnifiques défile devant nos yeux : oasis, gorges, canyons, plaines rocheuses routes en serpentins… Le Maroc ne cesse décidément pas de nous surprendre quant à sa beauté naturelle.

Une fois arrivée au village, il faudra encore faire preuve de persévérance et de patience pour ne pas tomber dans les pièges de ces attrapes touristes qui souhaitent à tout prix vous faire payer des taxis, des 4×4 et autres excursions diverses et variées, alors que vous ne voulez qu’une chose : accéder à ce que vous avez réservé (« oui nous avons notre propre voiture », « oui nous avons déjà réservé un logement », « oui on sait, ce sont des petites dunes, mais laissez-nous on veut juste voir du sable ! » … Bref, il faut toujours un peu batailler).

Dune, de deux, de trois…

Nous y voilà nous y sommes. Nous découvrons le camp aux pieds des (petites) dunes, et déjà elles font leur effet. Certes il ne s’agit pas du Grand Désert dont on rêvait, mais dans le fond ce qu’on voulait vraiment c’était voir du sable fin à perte de vue, y glisser nos doigts et y enfoncer nos pieds à chacun de nos pas, et enfin admirer le soleil se coucher une fois assis au « sommet ». C’est à présent chose faite.

« L’amour brille sous les étoiles… »

Après un bon repas et quelques airs de musique pour satisfaire les quelques 7 touristes que nous sommes sur le campement ce soir-là, on profitera d’un petit thé à la menthe servi devant notre tente avant d’aller shooter quelques photos du désert de nuit.
Les derniers rayons de soleil brillent encore quelque part au loin, nous empêchant de profiter du ciel étoilé tant attendu…

4h du matin (l’heure où tout se passe parait-il…), une envie nocturne me fait sortir de ma tente. Je traverse les quelques 50 mètres qui me séparent des commodités… le nez dans les étoiles. Elles sont là, elle est là : la voie lactée.
Je réveille mon doux époux afin que nous puissions profiter du spectacle tous les deux et d’immortaliser cette nuit par quelques clichés étoilés.

Nous pouvons nous rendormir paisiblement, des étoiles plein les mirettes.

Au petit déjeuner, nous avons de la compagnie. Quelques dromadaires nous ont rejoints, l’occasion pour nous d’admirer les bêtes de plus près. Je préfère tout de mêmes garder mes distances, ne me demandez pas pourquoi, mais les dromadaires ne m’inspirent guère confiance (serait-ce leur taille ? Ils sont si hauts et si impressionnants).

Nous reprendrons ensuite la route en sens inverse, profitant pleinement de ces quelques derniers jours au Royaume avant notre départ définitif du Maroc, avec en tête « si petit qu’il fut, nous avons vu le désert et sans aucun regret ».

En bonus, nos quelques clichés argentiques (plus ou moins réussis).

3 Comments

  1. <b class="fn">vaylniss</b>

    vraiment stylé les photos, je vous laisserai me raconter ça la prochaine fois qu’on se voit :), trop de lecture pour moi 🙂

  2. <b class="fn">Lisa</b>

    Purée vos photos sont magnifiques ! trop deg que l’on n’ait pas pu faire notre road trip tous ensemble au Maroc. Au moins on aura tous vos conseils si on y va un jour ????
    Lisa

    1. <b class="fn">Sophie</b>

      Je n’avais même pas répondu à ton commentaire, honte sur moi !
      Bien sûr que vous aurez des conseils, nous sommes des guides touristiques hors pair 😉

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