Munnar: de la danse, du combat, et un trek

Dernière étape du voyage: le Kerala.
Après une dernière soirée sur Bangalore où nous laisserons Antoine & Marjorie en bonne compagnie avant qu’ils ne s’envolent vers la France, nous remontons dans un dernier bus de nuit en partance pour Munnar.

Munnar, située à 1600 mètres d’altitude, est surtout connue et reconnue pour ses nombreuses plantations de thé (24 000 hectares de plantations dans la région, pour un rendement de 50 000 tonnes par an !). Qui dit altitude, dit un peu de fraicheur ! Les températures resteront ici en dessous de 25°.
Munnar sera donc notre pause fraicheur et verdure du voyage !

Avant de commencer à explorer les alentours, la première étape reste (comme à chaque fois) de rejoindre notre guesthouse pour y déposer nos affaires. Si jusqu’ici nous avions eu de la chance quant à nos choix d’hébergement, on peut dire que cette fois ci, nous avions commis une légère erreur: il nous a fallu 1h30 de rickshaw en partant de Munnar, à 5 passagers (c’était un grand rickshaw mais quand même !), sur des routes (que dis-je: des chemins caillouteux) pour arriver à destination. Une fois sur place, l’accueil n’est guère agréable, et le confort laisse à désirer. Aller, on remballe nos affaires et on fait demi-tour. Changement de cap, on s’en va trouver un petit hotel bien mieux situé, et qui fera amplement l’affaire pour une nuit !

Conseil n°1 aux voyageurs: en Inde, la localisation de votre hébergement prime parfois sur le confort. Aussi, à Munnar, si vous n’avez pas de véhicule personnel, mieux vaut louer une chambre en centre ville.

Cet petit désagrément nous aura, hélas, occupé une bonne partie de la journée… Lorsque l’on se renseigne sur ce qu’il reste à faire après 16h dans les environs, on nous dirige vers le centre culturel de la ville où ont lieux chaque soir des représentations de spectacles de danse et de combat typiquement kéralais. Alors c’est parti, allons voir ce qui s’y passe !

Quand on vous dit danse, vous pensez sans doute à des individus bougeant leur corps au rythme de la musique, n’est-ce pas? En tout cas c’était l’idée que l’on s’en faisait avant d’assister à ce spectacle. On ne s’attendait pas à assister à une scène de Bollywood, je vous rassure, mais l’on a néanmoins été plus que surpris !
Sur scène 3 hommes: l’un (musicien) assis avec sa percussion, l’autre (conteur/chanteur) derrière son micro, et le 3ème (acteur/danseur) au milieu de la scène, déguisé et maquillé en dieu (un 4ème acteur viendra les rejoindre au milieu du spectacle).
Le spectacle commence: le conteur nous raconte le contexte, et ce qu’on s’apprête à voir (dans un anglais que nous peinons largement à comprendre), le musicien lance le rythme, et le danseur entame sa prestation. Non il ne bouge pas aux quatre coins de la scène suivant les percussions du musicien, c’est son visage qui s’active ! Avec ses sourcils, sa bouche, son regard insistant (et perturbant) lancé aux spectateurs, ce sont ses mimiques qui font le spectacle (accentuées par le gros travail de maquillage et de costume). Peu à peu c’est tout son corps qui s’anime, il enchaine les gestes précis et les expressions du visage, un peu comme un mime. Si l’on arrive à comprendre quelques bribes de l’histoire, nous n’en comprendrons pas toutes les subtilités. Les indiens rient, nous sourions, mais restons perplexes…

Complètement intrigués par le spectacle auquel nous avions assisté, nous nous sommes quand même renseignés sur cet art par la suite (oui, on aurait du le faire avant, c’eut été plus logique…). Cette forme d’art que l’on appelle Kathakali, fait partie de la tradition kéralaise, depuis plus de 500 ans. Il met en scène une histoire basée sur les épopées hindous, abordant des thèmes classiques (vice et vertue, fragilité et courage, guerre et paix, etc.). Les acteurs de par leurs costumes, leur maquillage, sont transformés en dieux, héros, ou démons, et racontent l’histoire avec des gestes précis (particulièrement la position des mains) et des expressions du visage; ils sont accompagnés d’un conteur et d’un percussionniste. C’est un art très codé: chaque geste à une signification, les maquillages des acteurs permettent de comprendre leur rôle et leur personnage … Si les représentations peuvent durer plusieurs heures (à l’origine toute une nuit), des versions courtes sont proposées aux touristes. Celle-ci aura duré une heure, et croyez moi, c’était amplement suffisant pour des non initiés !
En résumé: un spectacle perturbant, qui vaut le détour ! (Une petite vidéo pour vous donner une idée du show)

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S’en est suivi une représentation de Kalarippayatt: une ancienne tradition kéralaise de discipline et d’entrainement martial (la légende raconte qu’elle serait l’ancêtre des arts martiaux d’Asie !). C’est une discipline mêlant acrobaties, combats chorégraphiés, et maitrise des armes (lance, poignard, épée… en bois et en métal). Les guerriers doivent faire preuve de souplesse, de force, de précision et de concentration.
En voila un spectacle impressionnant ! Nous sommes plongés en plein film de combat…

A noter: ces deux formes d’art traditionnel sont 100% masculins, aucune femme à l’horizon.


Le lendemain, notre guide nous attend d’une heure matinale pour un trek.

Arrivée au point de départ, lorsqu’il nous explique que l’on va monter tout là-haut, très franchement, j’étais un peu perplexe quant à mes capacités physiques pour y parvenir (souvenez-vous, la baroudeuse du dimanche c’est moi…). En prévision: 4h de marche pour monter et descendre cette colline (montagne on peut dire? ça serait un peu plus flatteur pour notre ego…).
Très franchement, la montée fut difficile: les herbes hautes qui nous griffent les jambes, le soleil qui cogne malgré « seulement 23° » (grand mal nous a pris d’avoir oublié quelques zones à « crèmesolariser »), et la pente est rude bien entendu. Malgré tout, quand on s’arrête et que l’on prend le temps de se retourner et de regarder autour : WAHOU ! Quelle vue… Ca vaut très certainement le coup d’arriver là-haut.
Alors on grimpe, on grimpe, (on râle), on grimpe, (on boit !), on grimpe… Et nous y voila !

Puis on reprend la marche. De temps à autre notre guide s’arrête et observe, à la recherche de la moindre trace d’animaux sauvage (car oui, Munnar regorge d’animaux sauvages, hélas un peu trop timides pour se présenter aux touristes; il faut soit être très matinal pour les croiser à l’aube, soit être vraiment très chanceux). Malheureusement, les seules traces que nous rencontrerons seront des crottes d’éléphants (bien trop sèches, excusez du détail, pour nous laisser espérer en croiser un troupeau). 

La descente sera peut être légèrement moins physique, mais pas moins périlleuse: évitons de trébucher et de descendre en rouler-bouler… On terminera la rando tranquillement en traversant les plantations de thés.

Ce n’est pas peu fiers de cet effort physique, et un peu fatigués, que nous prendrons le bus l’après-midi pour rejoindre Cochin, sur la côte ouest du Kerala.

110km = 5h de route, je vous laisse faire le calcul de la vitesse de voyage, et on se retrouve à Cochin pour la suite !


Nos bonnes adresses:

Où dormir:

L’hotel David Regency (centre ville de Munnar) qui nous a bien sauver la mise. Ce n’est pas le grand luxe, mais c’est propre et confortable, l’accueil y est bon et le gérant peut vous aider à organiser vos journées. L’emplacement est idéal !

Où manger: 

  • Rapsy Restaurant: au coeur du Bazaar, ce restaurant propose des plats indiens et quelques snacks continentaux (si vous avez besoin d’une pause !). Très populaire chez les touristes, on y croise autant de blancs que d’indiens ! L’addition de fin de repas est toute légère.
  • Guru’s Restaurant: à 5 minutes du David Regency, ce petit restaurant sert des plats typiquement indiens, très bons et rapidement. A l’inverse du Rapsy, vous serez sans doute les seuls touristes. Le rapport qualité/prix est excellent, on a du s’en sortir pour environ 10€ pour 5 tout compris !

Où faire du shopping:

Dans le Bazaar, au coeur de la ville. Vous trouverez dans ce petit marché, toutes sortes d’épices, de thés et de chocolats. Tout autour il y a également de nombreuses boutiques, et quelques emporiums pour y trouver quelques souvenirs.

 

 

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